5-09-2007 – Shakespeare & Company, Paris: interiors – By Ariel Iane
Pour se souvenir des événements. Pour se souvenir de pourquoi on est là, en marchant vivants sur une pierre ronde qui tourne. On est là, cher ami, chacun une manifestation unique d’une vaste diversité. Une telle conscience, une fois prise, c’est à nous d’exprimer (en Foi Véritable à toute merveille qui nous pénètre) ce qui pousse puissant de nos intérieurs : soit par parole, par voix, par musique, soit par touche, regarde, sourire. Je t’adore. Te amo. Merci d’être – et de l’être franchement. Au livre!
I.’07
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7-09-2007 – Non plus chez moi, mais: à l’intérieur de moi
J’écris maintenant en français, la langue qui abrite ma langue maternelle. Et pour langue maternelle, j’entends d’abord la langue parlée par ma maman, cette merveilleuse créature qui a donné la vie à une créature qui essaye toujours d’être autant merveilleuse avec son amour-tout-à-donner. La langue de ma maman, avant même que la langue que l’on parle dans mon pays, et avant même que je puisse oser d’imaginer l’existence d’une véritable langue du peuple, de la nation, de la communauté. Car la langue ne se donne jamais au pluriel, ni simplement au singulier. Elle est, dirais-je, au singulier-pluriel. Et voilà ce que l’on fait, moi et toi, voilà ce que l’on est toujours en train de faire, en se faisant. On est toujours en train de se faire: on est toujours au singulier-pluriel. Et on l’est véritablement, jusqu’au sang, jusqu’à l’intérieur de nos corps et de nos esprit, de ce qui brûle en conservant ce que l’on ressent. Se souvenir des événements, tu dis. Se souvenir des événements tout en les gardant à l’intérieur de nous. Cela faisant, je le ressent, les événements demeurent présents, et parfois ils sortent de nous, puissants, comme tu le dis: parfois, il pleut à l’intérieur de nous, et cette pluie sort de (chez) nous en forme de larmes. Mais les larmes, ne l’oublie jamais, mon amour, c’est de la puissance, une puissante « disperata vitalità ». Je ne suis pas ailleurs. Je suis là, avec toi. Et je suis ici, en même temps. Et avec toi, encore, je suis partout, d’abord près de moi et d’abord près de toi. L’amour partout, la vie est un miracle. Rentrer chez soi, en se souvenant de tout ces événements qui ont bouleversé ma vie, moi-même bouleversé par ces mêmes souvenirs, ouvrir la boîte aux lettres, m’apercevoir de ton écriture avant même de m’en apercevoir vraiment. Le coeur explose, les yeux s’ouvrent, je ressens mon sang là, ici, dans mes veines. Je ressens tout mon amour. La vie est un miracle: merci de me l’avoir fait découvrir, I. Merci, mon amour-à-jamais. Merci mon amour, à jamais, merci puissance de ma puissance. Merci encore, mille fois. Ti amo, mia amata. Per sempre mia amata. Tu, semplicemente tu, mi hai davvero aperto il cuore. La vita è un miracolo.
A.M.